gants paysage
baton de relais correlats

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SOON

ODRADEK @ Instants Chavirés, Montreuil
May 2015

NOUVEAU FESTIVAL @ Centre Pompidou, Paris
July 4th 2015

how you could have become a BASE jumper

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vermeer bleu

« — You should contact M. P. He is probably the best pastry chef in town.
— Yeah. And then we will eat the cake all together. »

italian thank you cake

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sorry

V2 (for a spécifique guest)

embarcadere suzhou china

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w/ Paul Maheke

wingsuit scan
Fanzines B.A.S.E jumping
Parisian Autumn Leaves for a Sydney Spring
maroc paysage champ
magic tea

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grid gif loose
plage pornichet serviette
piste de ski flaine
nosolo
avion upper business class

desirably situated

jean boenish rocks
a short story about...
storage mode

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w/ Paul Maheke

BASE jumping for dummies

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last call to be sorry

unfortunate fictions
for unsuccessful speeches

Taking care of the letter Z movie

video editing in progress

Sydney

sooooonish

Cergy Sergy

w/ Paul Maheke

marche manifestation paris
en connaitre moins

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w/ Paul Maheke

plus envie d'etre francais
ciels cieux
the cheapest university
poem

2014

degrade rose bleu
la reforme

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(in the first place)
Both doors removed, the windows and their sunshades, the fluorescent tube and its revealed shadow, a bench.

(while)
Action or choreography.

(afterwards)
Release.

How to fold tea
rave party in the desert

often, you'd like to say “casual”,
or even “comfy” (you see)

but this time,
exceptionally

(we should take advantage of these situations
(“for real, this is not
the sky yet!”)),

it could be “failure”;
an authorized and desired one - since there is no danger here

it’s tough to expect anything
when
it’s your first time
(you know)

maybe you will have trouble
finding your body position
because
even on the ground
we're only surviving

but!

other speeds (the one of light apparently),
other accumulations
and flatness
will come relieve you
(as the Landscape always does)

beside that, there will be
Chinese tea
and a couple of planes
(as usual)

yellow is my favorite color
vermeer again and framed

to John S.

suspended
etui foret liffre
cdg lbg marche

time for airports (cdg - lbg)

par François Quintin

Arts Magazine
Mars 2014



15h sur un terreplein circulaire, entre tramway, bar-tabacs, sculptures publiques et bus de banlieue, à la sortie de la station La Courneuve - 8 mai 1945. Sac à dos, parka, Maxime Bichon attend notre « studio visit marchée ». Nous entamons d’un bon pas l’avenue Paul Vaillant Couturier.

Maxime Bichon ne se laisse pas enfermer dans l’un ou l’autre des présupposés de l’art. L’atelier, l’espace d’exposition, d’expérimentation ou d’apprentissage sont autant de lieux à réinventer, à déplacer. La chambre, la plage, une friche ; il n’est pas de lieu inapproprié pour la création. Un voyage en avion est par exemple l’occasion de créer des ateliers temporaires de céramique. Sorti depuis peu de l’École Nationale Supérieure d'Arts de Paris-Cergy, l’artiste place sa pratique, sa pensée et ses ambitions dans un périmètre qui excède largement les limites de l’hexagone.

Un temple hindouiste dédié à Shiva coincé entre deux bâtiments gris fourmille de figures colorées. C’est Pondichéry dans le neuf-trois.

Maxime Bichon avait intitulé sa présentation de fin d’étude La Réforme. Dans la salle de Cergy, dont il avait retiré les portes, habillé les fenêtres de pare-soleil bleus et souligné les ombres portés d’un halo rose, il a disposé l’ensemble de ses pièces au centre. Il a enfilé les gants de manipulation qu’il avait fait faire pour l’occasion: un vert, l’autre imprimé d’une vue satellitaire de montagnes au Japon. Puis il a procédé à un accrochage commenté de ses pièces. Parmi celles-ci, des tubes colorés de course de relais sont marqués d’une phrase qui invite les personnes présentes à reconsidérer les limites de distance et de vitesse : « LETTING US BE SLOWER », « MAKING US GO FARTHER »… Sept tasseaux de bois colorés évoquent des dégradés de ciel à plusieurs endroits de la planète (Israël-Palestine, Chine, San Francisco, …). Cette dernière pièce avait déjà été présentée au Crédac dans l’exposition Le Dos du désert, autour de la Collection de Françoise et Jean-Philippe Billarant.

Nous traversons bientôt l’autoroute A86, puis la ligne de RER. La Courneuve est transpercée de part en part. Un palmier hisse au dessus des voitures son triste exotisme. Trois adolescentes commentent bruyamment leurs intrigues de récré.

Les premiers accrochages de Maxime Bichon dans des espaces désaffectés ont été abandonnés, parfois même sans être documentés. Il parle volontiers de l’abandon, comme si le sacrifice de l’installation rétablissait un équilibre entre l’objet, l’action et l’espace et les rassemble dans l’incertitude de leur devenir.

Nous prenons un thé qu’il sort de son sac, tout près du square Charles de Gaulle, sur la N2. Il verse le contenu de sa thermos dans deux tasses en plastique issues de sa collection de vaisselle de compagnie aérienne.

Ce n’est pas la première marche que réalise Maxime Bichon. Un de ses sites présente la vidéo d’une marche reliant la ville de Gênes à la frontière française en juillet dernier. Le paysage du littoral s’étend de part et d’autre de l’enfilade de paquetages professionnels. Et sans prévenir, l’artiste laisse s’éloigner le groupe pour se rendre à un mariage de famille. Puis reviens tout aussi discrètement dans la file plusieurs jours plus tard. Plus récemment, une marche a été organisée avec les commissaires Flora Katz et Mikaela Assolent, et l’artiste Paul Maheke avec lequel il collabore souvent. L’évènement a été déclaré en préfecture comme manifestation motivée de la revendication suivante : « En connaître moins sur notre propre situation ».

Un bidonville enchâssé dans une allée, des percées de ciel, des hangars, des routes. La ville se délite. Nous parlons des voyages, ceux de Bas Jan Ader, de Franz Erhard Walter, d’Hamish Fulton. « Nous sommes bientôt arrivés » dit Maxime Bichon, alors qu’il nous semble traverser un naufrage urbain, de ces entre-villes qui fascinaient tant Pasolini, ou que le groupe Stalker avait arpenté dans une expédition d’étude à la périphérie de Rome.

Le travail de Maxime Bichon s’articule dans le partage. Les questions d’enseignement, d’école d’art, de collectif sont des sujets permanents de réflexion. En 2010, l’occupation illégale d’un espace dans le 18ème à Paris donne l’impulsion pour créer Ultralocal, un programme collectif d’expérimentation, d’échange de savoir, de production dans une géographie ouverte, sans cesse déplacée, réinventée. Ils mettent en place une série d’ateliers intitulés Recettes, à Val d’Isère et à Ciboure. Chaque participant propose un enseignement dans le paysage autour d’un savoir-faire singulier. Véhicule particulier, autre projet d’Ultralocal développé par Thomas Bethmont et Valentin Ferré, permet d’inviter des artistes à concevoir une composition musicale pour voiture, prenant en compte le bruit du moteur, les cliquetis du commodo, mais aussi le trajet, le paysage.

Maxime Bichon parle de ses projets autour de la chute et sa fascination pour le BASE Jump, une pratique radicale du saut depuis une falaise ou un pont … lorsque nous arrivons devant l’aéroport du Bourget. Le ciel d’un bleu magnifique est entaillé de traits blancs. Devant nous se dresse la fusée Ariane. Les Fouga-Magisters obsolètes de la patrouille de France sont figés en bouquet. La visite d’atelier marchée s’achève sur ce moment de suspension céleste. Un décollage.

ryanair is over

to Julien L.

ismystudio
always away
ciels cieux sky skies

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carnet de saut parachutisme
regretting

maximebichon@gmail.com

1989 (Saint-Nazaire)

? ? ?
Éric H. October 6th, 2014 75003 Paris
Florencia C. May 16th 2014 75001 Paris
Julien D.M. & Pierre S. January 31th 2014 Brétigny-Sur-Orge
François Q. January 11th 2014 La Courneuve -> Le Bourget
Flora K. May 17th 2013 75020 Paris
A light-yellow tea cup
poitiers
banderole manifestation
Wingsuit Draft
Wingsuit Draft
serie
We do not really know at what time or at what moment
they precisely become dynamic.
A situation in which,
from my hands to yours,
from my mouth to your ears,
they are taking off, flying and landing.
We are clearly witnessing it and
experiencing it from all our senses
but the lack of knowledge
is what makes us stay alive.
From the plane, from the tongue or from the hill
— whatever the fixed object —
there is a free fall
(which we could also call autonomy).
The destination might be known,
although the duration of the journey is,
of course,
relative.
The darts, the banner or even the painting
are suddenly put into a state of abandonment.
This state is not really dangerous,
it's scary.
We fear it, and at the same time,
it's a source of delight,
since the Landscape is always a relief.
It might be why
we try to grip the sky and its colors,
to seize the mere intensity of the desert,
and to observe each step we go through
as if it were choreographed.
The others are as responsible as we are,
and we welcome them as much as possible.
The bench, the bleachers, and the chair
are there for them;
it is their sole purpose
(they are comfier that what they seem to be).
Tea will also help;
as usual.